FAIRE POUSSER DES PATATES SUR MARS ?

Avant de partir explorer Mars, les êtres humains ont encore quelques ajustement à faire : le ravitaillement, entre autres. Des scientifiques ont peut-être trouvé la solution : faire pousser des patates sur la planète rouge. Oui, comme dans Seul sur Mars.

Une première expérimentation menée par le très sérieux Centre international de la pomme de terre au Pérou a donné des « résultats préliminaires encourageants ».

Menés entre le 14 février et le 5 mars à Lima, les tests ont été réalisés dans des conditions atmosphériques censées être semblables à celles de la planète Mars, reproduites sous un dôme baptisé CubSat. Les pommes de terre ont poussé dans une terre extraite du désert de la Pampa de la Joya, dans le sud du Pérou, où le sol est ce qu’on peut retrouver sur Mars. Ce n’est donc pas un hasard si la NASA envisage de construire dans cette région un centre d’expérimentations martiennes, comme il en existe déjà aux Etats-Unis, en Antarctique et en Russie.

Le fait qu’il y ait une croissance possible dans des conditions comme celles de Mars est une phase importante de cette expérienceJulio Valvidia Silva, astrobiologiste péruvien

Un cube hermétique, des conditions extrêmes

« Si ces cultures peuvent résister aux conditions extrêmes auxquelles nous les exposons dans notre CubeSat, elles ont de bonnes chances de croître sur Mars, précise Julio Valdivia-Silva de l’UTEC. Nous ferons plusieurs séries d’expériences pour savoir quelles variétés de pommes de terre résistent le mieux. Nous voulons savoir quelles sont les conditions minimales dont une pomme de terre a besoin pour survivre.  »

Si ces cultures résistent, elles ont de bonnes chances de croître aussi sur Mars

Dans ce cube, qui abrite un environnement hermétiquement fermé, le tubercule est alimenté en eau, enrichie de nutriments. La température et ses variations suivent celles observables sur Mars, de jour comme de nuit. De même, les niveaux de pression atmosphérique, d’oxygène et de dioxyde de carbone sont constamment surveillés pour imiter ceux de la planète rouge. Un lot de capteurs et une caméra permettent de surveiller la croissance du tubercule.

Selon les observations de Walter Amoros, spécialisé dans la culture de pommes de terre au CIP, ce féculent présenterait des propriétés génétiques idéales pour résister à des environnements défavorables. En amont de l’expérience à l’intérieur du cube, les chercheurs avaient déjà utilisé le sol d’un désert situé dans le sud du Pérou pour prouver que les tubercules pouvaient s’y développer malgré la sécheresse.

Les patates bientôt au menu sur Mars ?

« Si les tubercules peuvent tolérer les conditions extrêmes auxquelles nous les exposons ici, cela offre une bonne opportunité pour qu’elles poussent sur Mars », estime Julio Valdivia Silva, astrobiologiste péruvien lié à l’agence spatiale américaine.

« Le fait qu’il y ait une croissance possible dans des conditions comme celles de Mars est une phase importante de cette expérience », a-t-il ajouté.  Elle est prévue pour durer cinq ans. Et permet déjà de savoir qu’on ne mourra pas de faim à 76 millions de kilomètres de la Terre.

À lire sur Numerama : Comme au cinéma, les futurs explorateurs de Mars pourraient cultiver des patates

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